Le beurre canadien s’est fait remarquer sur les réseaux sociaux cette année. Mais avec les célébrations de Noël et du jour de l’An qui s’en viennent je veux éclaircir certaines choses et devenir une championne du beurre canadien.

Vous vous souviendrez peut-être que l’hiver dernier, certaines personnes ont commencé à affirmer – sans beaucoup plus que des preuves anecdotiques – que le beurre devenait plus dur à cause de la COVID. Ils ont imputé cela aux producteurs laitiers qui utilisaient des résidus d’huile de palme pour compléter le régime alimentaire de leurs vaches.

Soyons honnêtes : remettre en cause l’utilisation de l’huile de palme est correct. (Il existe des allégations selon lesquelles l’utilisation de tout produit à base d’huile de palme entraîne la déforestation, l’exploitation des travailleurs et d’autres effets environnementaux et sociaux nocifs dans les régions du monde où elle est produite en masse. Pourtant, elle est utilisée dans les aliments et les produits de consommation emballés dans le monde entier.) La production durable de l’huile de palme se développe mais n’est pas encore suffisante pour répondre à la demande mondiale, d’après ce que j’ai lu de Roundtable for Sustainable Palm Oil (RSPO).

Les personnes qui ont créé ce faux débat, voudraient nous faire croire que les producteurs laitiers canadiens sont au cœur de la production d’huile de palme.

Rien ne pourrait être plus éloigné de la réalité, comme le révélerait même une petite recherche rapide sur Google.

L’huile de palme se trouve dans une tonne de produits non laitiers : les produits surgelés comme la pizza ou les chaussons, les nouilles instantanées, les produits de boulangerie, certains chocolats, le beurre de cacahuète, la tartinade choco-noisettes, la vinaigrette, les cubes de bouillon, la nourriture pour chiens et chats, le gel douche et le shampoing, le dentifrice, le détergeant à lessive. Même dans certains fromages végétaliens!

Il manquait aussi à l’indignation fabriquée à propos de l’huile de palme dans le beurre l’explication simple selon laquelle les suppléments de graisse sont utilisés pour fournir aux vaches l’énergie, l’alimentation et les vitamines dont elles ont besoin pour être en bonne santé. Qu’il s’agisse de graisses végétales (résidus d’huile de palme ou soya) ou d’autres suppléments ajoutés à leur alimentation, ce sont des pratiques courantes pour aider à garantir le bien-être des vaches – l’une des plus importantes préoccupations d’un agriculteur qui élève du bétail. (En tant que personne qui vit maintenant sur une ferme, je peux vous dire que le bien-être animal est au cœur de l’agriculture canadienne.)

L’indignation sur les réseaux sociaux mentionnait aussi que le lait canadien n’était pas vraiment « canadien » si les sous-produits de l’huile de palme étaient utilisés comme supplément dans les rations des vaches laitières. Ça aussi c’est un argument erroné. Il y a plusieurs raisons pour importer des aliments pour nourrir les animaux, qu’on pense notamment aux sécheresses, aux inondations ou aux incendies de forêt. Les ingrédients des aliments pour animaux sont constamment importés au Canada. En fait, l’industrie agricole et agroalimentaire au sens large est un marché mondial hautement intégré avec des liens importants entre les chaînes d’approvisionnement et de valeur. Si une vache mange du maïs des États-Unis, est-ce encore du bœuf canadien? Et si un porc mange du blé importé – le porc est-il toujours canadien? Bien sûr, ça l’est.

Pour moi, certains de ces arguments semblaient être des coups bas contre les producteurs de lait canadiens, dont la plupart étaient trop occupés à prendre soin de leurs vaches, à réparer leur équipement et à fournir des emplois aux travailleurs locaux pour répondre en temps réel aux trolls des médias sociaux.

Notre objectif chez C3FC est d’aider à résoudre ces faux problèmes pour les consommateurs canadiens. Nous examinons les faits et aidons les consommateurs à se sentir bien dans ce qu’ils donnent à leur famille tout en soutenant les aliments canadiens. Les faits sont de notre côté, heureusement.

Pour l’instant, revenons au beurre. Est-il plus dur ? Ce n’était certainement pas le cas cet été!

Est-il fait de lait canadien? OUI!

Est-ce délicieux ? TOUT À FAIT.

Est-il temps d’acheter du beurre pour préparer les gâteries des Fêtes? METS EN!

Essayez donc de faire des sablés avec de la margarine ou de la pâte à tartiner végétalienne. (Et lisez l’étiquette pour vous assurer que tout substitut de beurre ne contient pas d’huile de palme réelle.)

Isa